Ma grand-mère Anita née au 19ème siècle à Rome

Fille de la fin du 19ème siècle

Qui était-elle ? Qu’a-t-elle laissé comme trace sinon son départ, jeune fille, du domicile familial de Rome pour Bologne, son état de mère de quatre enfants, deux filles deux fils, nés en Suisse puis en France, et sa mort à Milan. C’est ce qui reste dans les registres civils, et c’est bien mince.
Un mystère plane sur sa vie quand on s’y penche pour essayer de la connaitre.

Fille du 19ème siècle

Son premier mouvement connu nous laisse perplexe : la représentation que l’on a d’une fille de la fin du 19ème siècle vivant dans une famille bourgeoise de Rome est qu’elle vivait dans une sorte de cage. Non par contrainte physique, mais par contrainte de mœurs. Son avenir probable ne pouvait qu’être faire un beau mariage avec un homme d’une famille semblable à la sienne : romaine et bourgeoise. Anita fit autrement.

Histoire de l’Italie au fil des siècles

L’Histoire moderne de l’Italie est difficile à se représenter pour un Français républicain Jacobin dont le territoire s’est constitué par des guerres d’attaques, ou de défenses, contre tous ceux qui refusaient de reconnaitre sa volonté de constituer son territoire qu’elle voulait le plus grand possible sans références historiques mais à venir. Une ambition constante au fil des siècles, qui parait comme une évidence au temps présent, pas pour l’Italie.

Dès lors, on se représente le territoire de l’Italie uni du Nord au Sud tel qu’il nous est familier depuis la fin de l’Antiquité et le début de l’État moderne tout en sachant qu’entre ces deux périodes il fut découpé en États divisés voire ennemis selon leur appartenance à la Grèce, Rome, aux Byzantins, Francs, Lombards, Sarrasins, Normands, Rome papale, puis sa Renaissance à partir de Florence, et enfin son Risorgimento…

Rome est une référence antique et papale : doubles entrées, antagonistes

L’Antique influence encore une grande partie de l’Europe par sa civilisation et sa langue. Les deux sont indélébiles. Ses monuments parsèment les pays modernes : l’Europe, le nord de l’Afrique (Tunisie, Algérie, Maroc), l’Asie mineure (ouest de la Turquie), ses institutions et le sens de la politique les ont inspiré et les inspirent encore. L’anglais, devenu langue internationale par la puissance de l’Angleterre puis des États-Unis, s’est construit à partir du latin tout comme le français, l’espagnol et le portugais parlés sur plusieurs continents, sans oublier le roumain parlé dans l’est de l’Europe.

L’Italie actuelle nous parait bien loin de ces représentations, il s’agit pourtant du même pays et des mêmes peuples, l’intégration partant de la Rome antique (Latium).

La papale, sous forme d’États pontificaux, fut une puissance territoriale et religieuse en un temps où le catholicisme ordonnait aux Princes, Rois, Empereurs.
Sans oublier que Florence fut le centre majeur de la Renaissance, et que l’art baroque y naquit ainsi qu’à Rome, Venise et Mantoue.

L’histoire de Rome y est inscrite dans chaque rue, chaque bâtiment, chaque quartier, et, à l’époque de Anita, elle est devenue la capitale de l’Italie, enfin unifiée.

Sans aucun doute Anita avait conscience de la grandeur de sa ville. Elle était cultivée. On le sait car elle est identifiée comme institutrice. A-t-elle reçu une formation spécifique pour exercer cette profession ou l’est-elle devenue sous la contrainte des circonstances ? À cette époque les filles mises dans l’obligation de gagner leur vie devenaient préceptrices dans une famille bourgeoise ou aristocratique fortunée. À moins qu’on la dénomma institutrice, terme générique, sans qu’elle ait forcément pratiqué cette fonction.

Anita avait au moins un frère cadet, Enrico, qui se manifesta concrètement dans un moment critique de sa vie pour la soutenir au cours d’une épreuve.

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