Suis-je fille suis-je garçon ?

Enfant je réchappais à la mort de justesse

Vers trois ans j’eus d’affilée la rougeole et la coqueluche. Je sais que je faillis ne pas en survivre, et que mes parents avaient, sur l’indication d’un médecin, envisagés de me faire monter dans un avion, parait-il que le changement d’altitude pouvait arrêter les quintes de toux.

Puis se déclencha des crises de coma d’acétone, bien que je me demande si ce n’était pas une chute brutale du sucre dans le sang. Ma mère en était affolée. En effet un enfant dans le coma sans raison expliquée a de quoi inquiéter une mère. Je restais couchée plusieurs jours. Ma mère me mettait à jeun, ou m’alimentait avec quelques potages de légumes, et me faisait boire des tisanes d’un abbé dont j’ai oublié le nom, sur recommandation de voisines ou de pharmacien ? Personne ne savait ce que c’était.

C’est adulte que j’appris que c’était l’annonce d’un déséquilibre du sucre dans le sang. L’insuline augmentait dans le sang, mais peut-être aussi une carence en glucose. L’insuline, produite par le pancréas, régule le sucre. Ma mère disait que ma chambre sentait la pomme de reinette caractéristique dés le début de mes crises. En fait elle faisait, de bonne foi, l’inverse de ce qu’il eut fallu faire : m’alimenter de denrées riches en sucres lents et en graisse, pain beurré, biscuits, rillettes avec du pain… Je l’appris adulte par une expérience constante, car je suis à vie hypoglycémique .

La question de savoir si je suis fille ou garçon se pose durant mon enfance.

Un jour, fin des années 1940, ma mère sort les photos de la boîte qui contient les quelques clichés en noir et blanc de la famille en groupe ou de chacun des individus la composant ; une photo m’interroge plus particulièrement, c’est moi en barboteuse, âgée d’environ un ou deux ans,

assise dans les choux

– C’est la photo de toi la plus jeune. Elle a été prise avant la fin de la guerre au pied de l’immeuble. Il doit y en avoir une de toi bébé, mais je ne la trouve pas… dit-elle en farfouillant dans la boite à chaussure contenant les photos…
– Mais Maman je suis assise dans les choux
– Oui durant la guerre et un peu après, des légumes étaient cultivés au pied des bâtiments, tout du long

Je n’en suis pas plus avancée. Car on m’a toujours dit que les filles naissent dans les roses et les garçons dans les choux !
Suis-je vraiment une fille ? Cela me parait impossible puisque la photo témoigne que j’étais née dans les choux et que je suis donc un garçon.

Cela me désorienta en fait la plus grande partie de la vie. Il y eut d’autres faits qui me confirmèrent dans cette interrogation…

Dans la famille il n’est pas question d’expliquer quelle est la différence entre un garçon et une fille.

À l’école les garçons et les filles ne se côtoient pas du tout. Chacun dans une partie de l’école totalement étanche à l’autre. Les filles et les garçons peuvent s’apercevoir au travers de la grille qui sépare les deux cours. Chacun des groupes parait totalement étrange et étrangère à l’autre.

Quoique que je côtoie des garçons dans le grand espace qui s’étend devant notre immeuble.… je vous explique les détails dans le suivant…

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